Lecture : « Famille en transition écologique » de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret

Troisième ouvrage de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, alias la Famille presque Zéro Déchet, « Famille en Transition écologique » va au delà du zéro déchet, abordé dans « Famille presque zéro déchet » dont je vous parlais dans cette fiche de lecture.

Toujours sous couvert d’humour et d’illustrations colorées, on ressent pourtant ici plus d’urgence et la gravité de la situation que dans leurs précédentes publications.

« Changer son monde pour changer le monde », voilà l’objectif annoncé. Et, après quelques pages d’introduction, les auteurs nous présentent les faits et nous proposent un plan d’action décliné à travers douze chapitres auxquels viennent s’ajouter une conclusion générale des actions à mettre en place à notre niveau et une bibliographie bien fournie pour nous permettre d’aller plus loin.

Petit tour d’horizon des chapitres :

Introduction

Histoire de se mettre dans le bain, on commence la lecture par une introduction qui nous dresse l’état actuel des choses. Pas le temps de se faire d’illusions, on comprend vite et sans filtre que la situation actuelle est alarmante et qu’il y a urgence ! Mais aussi que, si l’on a suivi leur premier ouvrage et fait plein d’avancées sur la route du zéro déchet, elles sont malheureusement loin d’être suffisantes.

Quelques chiffres sont mis en avant pour nous apprendre que « chaque humain sur Terre ne devrait pas émettre plus de 2,1 tonnes éq. CO2 par an. En France, nous en sommes à 5 fois plus » et que « à 9 milliards d’individus en 2050, il sera de 1,9 tonne. A 12 milliards en 2100, il sera de 1,2 tonnes. ».

Et pourtant, des solutions existent. Reste encore à les mettre en place rapidement pour maintenir un cadre de vie soutenable pour les générations à venir. En ce sens, la transition écologique est une opportunité de construire le monde de demain sur les plans économique, environnemental, sanitaire et politique.

Chapitres 1 à 5 : tour d’horizon du fonctionnement actuel et données chiffrées

Les 5 premiers chapitres de l’ouvrage nous dressent un tour d’horizon de notre fonctionnement actuel, des données chiffrées qui en découlent et des conséquences sur la planète.

Le premier chapitre nous rappelle, par exemple, que notre système de production actuel est majoritairement linéaire. A savoir : « Matières + énergie + eau = produit de consommation = déchet ». Et, à ce titre, notre vie est réellement un iceberg. Alors que l’on ne prend en compte que les déchets qui finissent dans nos poubelles, nous oublions les déchets cachés que nous produisons. Pour 590kg/an de déchets produits en moyenne par un français, ce sont 21 tonnes éq. CO2/an d’émission de CO2 et 11,2 tonnes/an de ressources consommées.

Le second chapitre nous rappelle que le pétrole est partout et que 95% de l’économie actuelle en dépend. Mais également que la finance est « en forme de château de cartes » puisque « 97% des mouvements d’argent sont spéculatifs » et que « 3% seulement appartiennent à l’économie réelle ».

La croissance verte et ses contradiction sont abordées au chapitre 3, avant d’arriver au quatrième chapitre « La révolution commence par soi-même ». C’est là que les auteurs nous proposent leur « Schéma NégaWaste » en 3 points :

  • REDUCTION
  • EFFICIENCE : durabilité, réemploi, réparation, mutualisation, location, occasion
  • ECOCONCEPTION : relocalisation, labellisation, circularité

Enfin, le cinquième chapitre dresse la liste des principaux facteurs d’émission de CO2 pour une famille française type. A savoir, du plus conséquent au moins important :

  1. L’argent
  2. Les transports
  3. Le logement
  4. L’alimentation
  5. Les biens de consommation
  6. Les services publiques

Chapitre 6 : Ma transition financière, la priorité

Le sixième chapitre nous explique que, loin de ce que l’on pourrait imaginer, c’est notre argent en banque qui génère le plus d’émissions. En effet, les banques utilisent les fonds placés pour investir dans des projets qui ne sont pas nécessairement en adéquation avec nos valeurs personnelles. Ainsi, selon les banques, certaines investissent dans les grands groupes industriels, d’autres dans les énergies (pétrole, gaz, charbon), etc.

Il est donc important de choisir une banque dont les pratiques soient cohérentes avec nos valeurs. Pour cela, l’ouvrage propose un classement des banques, allant de la plus émettrice (Groupe Crédit Agricole) à la moins émettrice (La Nef).

Chapitre 7 : Ma transition des transports

Viennent ensuite les transports (avion, voiture, moto, bus, train mais aussi transport des aliments et biens de consommation : cargo, camion, etc.). Tous ensemble, ils représentent notre deuxième impact, à commencer par l’avion, qu’il est préférable d’éviter ou de réduire au maximum. Viennent ensuite les trajets en voiture, que l’on peut réduire au maximum en évitant les trajets inutiles, en faisant du covoiturage, en se déplaçant à vélo ou à pied, en prenant le train ou le bus, etc. On peut également réduire notre impact en terme de transports en changeant notre manière de manger. En effet, les produits alimentaires cultivés à l’étranger nécessitent beaucoup plus de transport que les produits cultivés localement. Du coup, exit les courses en supermarché et en route pour le marché, avec ses produits locaux et de saison !

Chapitre 8 : Ma transition du logement

Du coté du logement on retrouve également différents axes d’amélioration à mettre en place. Parmi eux : construire ou rénover son logement avec des matériaux écologiques et locaux, isoler correctement, réduire les consommations énergétiques (tant en termes de chauffage que de consommation des appareils) ou encore réduire sa consommation d’eau.

Chapitre 9 : Ma transition alimentaire

Même refrain du côté de notre alimentation.

Nous produisons sur Terre de quoi nourrir 12 milliards d’individus, et nous mettons à la poubelle 50% de la production, invendus, périmés, non consommés, …

Famille en transition écologique

Le constat est effarant ! Alors que certains meurent de faim, nous jetons des tonnes de nourriture chaque année.

Pour commencer sa transition alimentaire, il suffit de consommer moins mais mieux. Cela passe par des produits bio et locaux, de saison. Et là, nous avons l’embarras du choix ! Marché de producteurs, AMAP, potager, jardins partagés, supermarché coopératif et participatif, épicerie vrac, supermarché bio, etc.

En favorisant des produits bio et locaux, on améliore son impact en terme d’alimentation mais on améliore aussi sa santé, en mangeant des produits de qualité, exempts de traitements chimiques.

Chapitre 10 : Ma transition conso

Vient ensuite, et « seulement maintenant », la transition sur notre consommation. Et, là encore, pas de mystère pour réduire la casse ! Il faut avant tout réduire notre consommation de biens au nécessaire.

Ensuite, lorsque la consommation est inévitable, plusieurs alternatives à l’achat neuf se présentent, telles que la location, la mutualisation (bricothèque, bibliothèque, etc.), le partage (entre voisins, dans la famille, etc.) et l’achat d’occasion (Leboncoin, Vinted, vide-greniers, etc.).

Pour finir seulement, si l’achat neuf est inévitable, les produits locaux, de qualité, durables et réparables sont à privilégier autant que possible.

Chapitre 11 : Ma transition publique

Du côté de la transition publique, l’accent est mis sur l’impact relativement correct des services publics au regard des services rendus. Malgré tout, des actions peuvent être mises en place pour réduire encore cet impact. Parmi elles : réduire sa consommation de soins et de médicaments, réduire sa consommation de produits industriels pour éviter les coûts de santé qui en découlent par la suite, etc.

Chapitre 12 : Ma transition professionnelle

On termine l’ouvrage avec la question de la transition professionnelle. Effectivement, au delà des bonnes actions à mener au quotidien pour la planète, beaucoup de personnes se retrouvent dans une situation de profonde incohérence entre leurs valeurs et leur travail actuel. Pourquoi alors ne pas envisager de travailler autrement ?

Les options sont diverses. Selon le métier, il est possible de simplement changer de patron et de se mettre à son compte, ou de proposer ses services à une entreprise de l’Economie Sociale et Solidaire. Il est également possible de changer de métier, tout simplement, si celui-ci ne correspond plus à nos valeurs. Libre à nous alors d’entamer une reconversion professionnelle et de nous lancer à notre compte ou de travailler pour une société qui partage nos valeurs.

Conclusion

« Famille en transition écologique » se termine sur une belle conclusion, qui vient récapituler les informations clés des différents chapitres.

Elle nous propose ensuite une liste de 12 actions, classées par ordre de priorité, à mettre en place pour la transition écologique.

Elle s’achève enfin sur un « Plan Mashall collectif pour la transition ».

Bibliographie

Enfin, les dernières pages sont consacrées à la bibliographie, pour aller plus loin. 10 pages d’ouvrages et de sites web à explorer pour approfondir nos recherches sur les sujets traités tout au long de l’ouvrage et pour comprendre plus en détails la situation et les enjeux actuels.

Pour conclure

En conclusion, « Famille en Transition écologique » nous dresse un état des lieux relativement alarmant de la situation actuelle. Malgré tout, l’humour est toujours au rendez-vous et, surtout, des solutions nous sont proposées.

Comme pour « Famille presque zéro déchet », « Famille en Transition écologique » nous propose un « plan d’actions » à mettre en place pour réduire notre impact sur l’environnement, à l’échelle de notre foyer. Des actions simples, pour la plupart, et pleines de bon sens, que chacun peut appliquer (au moins en partie) au quotidien.

Et vous, quelles sont vos actions au quotidien pour réduire votre impact sur la planète ?

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